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06.05.2008
Coup de gueule

Et voilà! Je suis encore à fulminer!
Chacun réagit différemment devant la richesse. Lorsque j'habitais dans la région d'Aix-en-Provence, les balades du dimanche entre bastides et hôtels particuliers me permettaient d'écouter divers commentaires: Certains promeneurs ne décoléraient pas de jalousie ou de critiques, d'autres badaient, muets d'admiration. Personnellement, je trouve la richesse saine et je n'aime pas entendre dire que les riches sont tous des maffieux! Il y a des gens très bien qui gagnent grassement et honnêtement leur vie et c'est tant mieux, c'est rassurant, c'est bon pour l'industrie, le bâtiment, le commerce, l'emploi.
Mais c'est vrai aussi que dans le "lot", il existe des enfoirés. Un de mes voisins en fait partie. Ce type est tellement imbuvable qu'aucune femme ne survit plus de 6 mois auprès de lui. Et chaque séparation lui vaut un coup de sang! De la colère, il jette tout. Elle avait voulu un robot KitchenAid rouge à 500€? On balance! Il crame les meubles, les fringues, les beaux livres, la moindre trace... Mes plombs ont sauté devant ce désastre, je suis allée l'apostropher: "Comment pouvez-vous ne pas penser un seul instant que toutes ces choses pourraient servir à quelqu'un d'autre? Comment pouvez-vous vivre en marge, si près de gens qui ne mangent pas toujours à leur faim? Comment peut-on ignorer le prix et la valeur des objets? Je totalise au pif... 500 + 200 + 300 + x fois 100, sans calculer ce qui a déjà brûlé, là par terre, il y a plus de 2000€, nom de Dieu!"
Le pire, c'est son air niais, son sourire benêt de bellâtre. Son cerveau (?) n'avait même pas été atteint. Tout d'un coup, il prenait conscience, il essayait de sauver certaines choses des flammes, maladroit, puéril, imbécile. Il était comme un gamin pris en faute. L'espace d'un instant, j'ai pensé que j'avais réussi à le faire réagir, le futur proche me prouvera le contraire. Un peu en retrait, je feuilletais un grand et magnifique livre (Les plus beaux voiliers du monde) arraché au brasier, et puis j'ai eu une subite et puissante envie de vomir, je me suis éloignée et je suis rentrée chez moi lentement.
Une heure plus tard, je vois passer un camion-benne. Il s'arrête chez Crésus. Et voilà qu'à deux, les bonshommes remplissent la benne dans un fracas terrible. Et j'entends les ordres: "Tiens, voilà un billet de 50€, tu files direct à la déchetterie, et tu tries bien, hein? (voilà qu'il nous la joue écolo, maintenant) Le fer avec le fer, le plastique, le bois, le papier avec le papier... et pour l'ordinateur de madame, tu verras, y a un container spécial..."
Furax, je gicle pour tenter de rattraper le Mac extra-plat de "feue" Angélita. Impossible. Il s'est ouvert en deux dans le choc, si je vous dis que j'en ai pleuré, vous me croyez? Non pas sur les objets, mais sur l'injustice: Pourquoi certaines personnes vivent-elles sans la moindre conscience? Comment peut-on ignorer ses semblables moins nantis? Comment on fait pour supporter cet affront, cette insolence, cette obscénité? Cet individu ne changera jamais. Jamais.
Nous ne sommes rien les uns sans les autres, nous faisons partie d'un ensemble, de la société toute entière. Il n'y a pas d'électron libre. Je n'ai pas compris comment on peut à ce point gaspiller. La notion de cherté, c'est à partir de quel prix? L'échelle des valeurs commence sur quelle graduation?
Mon autre voisine (qui ne survivrait pas avec l'ignominie d'une retraite agricole sans son potager et ses poules) ricanait: "Son père était déjà comme ça... ça fait marcher le commerce... et puis cette rage, elle est contre lui-même, pas capable qu'il est de garder une amie... faut pas vous cailler le sang!"
Mouais..... 48h après, j'ai encore du mal à digérer, bien pire que mon aïoli de dimanche! Lui, avec une pincée de bicarbonate, il a réussi à filer. Mais là, ce spectacle de l'égocentrisme, de la grande connerie humaine me reste sur l'estomac. Et c'est rédhibitoire.
06:14 Publié dans Coup de Gueule | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : coup de gueule conso
