Il arrive, le Rosé des Prés!
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Avant tout, je dois m'excuser auprès des citadins, car les repas offerts par Dame Nature leur échappent et je le regrette pour eux. En même temps, je me suis tellement régalée que ça déborde! Et puis qui sait, une petite sortie à la campagne aujourd'hui....
Alors il a suffit d'un bon orage sur une terre chaude, et hop! voilà notre Agaric Champêtre qui montre son chapeau blanc, son pied blanc et ses lamelles roses. Il est très fort, capable de soulever une pierre ou une branche avec sa tête; la pauvre en est un peu cabossée, mais intacte.
À l'instar de la première cerise, je croque le premier Rosé sur place, plantée là comme un épouventail au milieu d'un champ et je fais un voeu les yeux fermés, par exemple celui d'avoir un peu moins d'emmerdements, ça serait cool...
Chacun sa croyance ou sa folie du jeu, moi je mise tout sur le Rosé des Prés!
Et il n'est pas seul le bougre! Il a des petits frères, des cousins, des copains en ribambelle... qui remplissent mon panier. Ma chienne court après les taupes coquines suivant des trajectoires pour le moins sinueuses; cette bête, blanche à l'origine, est maintenant couverte de boue! Pas grave, on avance, je commence à fatiguer. Combien de kilomètres? Où je suis? Je m'en fiche! Encore un champ, encore un bord de chemin sympathique, et puis voilà que le soleil veut se coucher! Diablerie, il faut rentrer.
Je coupe le dernier champignon (pour aujourd'hui) et puisque ce pré m'offre aussi des salades diverses et variées, on prend: Roquette (je ne l'aime qu'à petites doses!), pissenlit, plantain, chicorée amère et rouge... parfait!
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Et comme je me suis garée sous "mon" figuier, vite fait, je cueille un bon kilo de belles figues violettes, celles qui nous indiquent qu'elles sont à point: Une goutte de sucre mauve perle sur leur peau.
C'est comme un printemps ici, je vois quelques timides violettes un peu pâlichonnes, trois pâquerettes (elles se sont carrément gourrées de saison, celles-là!)... Très bien, on ramasse tout ce beau monde dans des sacs séparés afin que le terre des champignons n'aille pas souiller les petites fleurs ou les tendres feuilles. Dans une jardinière devant la cuisine, je couperais quelques Pensées vaillantes et elles viendront rajouter des couleurs et du piquant à ma salade des champs.
On rentre, il fait nuit!
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D'abord, nettoyer les Rosés: passés rapidement sous le robinet une fois pelés, j'en coupe autant que j'en croque tout crus! Mais ça va, la récolte a été bonne! L'huile d'olive chauffe dans la grande poêle, j'y jette les champignons, il en sort plein d'eau et c'est normal. Pendant qu'elle s'évapore laissant place à une très belle chair dorée, mes Rosés rétrécissent. Crotte! "Chéri! On a rétréci les champi!".
Ça ira... j'épluche une gousse d'ail, je vais encore honteusement scalper mon persil, et en avant pour la finition provençale. Je couvre la poêle, et je lave rapidement les salades sauvages. C'est à la lampe électrique que j'irais décapiter deux Pensées.
Tout va bien! Une bonne vinaigrette et voilà ma salade:
Ce parfum qui flotte, entre ail rôti et champignons bien cuits, c'est terrible, ça me vide la tête.
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Et bien sur, j'ai tout mangé comme si quelqu'un allait venir me prendre mon trésor! Pourquoi ce repas a un petit goût de péché? Pourquoi j'ai vu des tas de gens faire leur jogging et ignorer le contenu des champs? Pourquoi ai-je cette sensation bizarre d'être un zombi? Ça n'interresse donc personne de faire un repas gratuit, sain, tonifiant, régénérant?
Bah... m'en fiche encore, je me régale et demain, je recommence!
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Évadez-vous, ça fait tellement du bien!