11.07.2009

Partie de Pêche

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     Une petite rivière toute proche
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      Hier matin, après mon coup de sang devant les abricots en péril, je devais m'aérer la tête.
Courage, fuyons!
      Alors me direz-vous, en plus d'être une maraudeuse tu es une braconneuse?
Et bien OUI! Personne n'est parfait!
Trouvé pour 1 euro sur un vide-grenier une paire de "mouches" superbes (les fans de pêche à la mouche me comprendront) et donc il fallait bien faire flotter les leurres!
      Ces satanées truites passaient et repassaient sous mon fil d'un air méprisant.
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      Quoi? Elle est pas assez belle ma mouche dorée? Pfff...
Et tout à coup surgit une fusée bleue qui manque de me couper le nez! Un martin-pêcheur de folie (mais à quelle allure fonce-t-il?) qui déboule dans le sens de l'eau puis revient toujours aussi fulgurant.
Il ne se foutrait pas un peu de ma gueule, ce piaf?
      Posé (enfin) il observe l'eau, puis pique une tête sans la moindre hésitation et ramène SA truite portion! Nom de Zeus, et moi qui ne prend même pas un goujon!
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      Obnubilée par la beauté de l'oiseau et sa précision, je ne me soucie plus de la pêche.
Et puis le temps est couvert, il fait doux, je suis bien là au bord de MA rivière, aucun humain à l'horizon... même si je surveille la venue improbable du garde champêtre.
      Le martin-pêcheur déguste sa proie et repart comme un éclair.
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      Bien. Tout est calme maintenant.
Heu... sauf ce farfouillis dans le buisson... c'est un bruit de bête ça non?
Oui, c'est un rouquin qui gicle de nulle part pour partir en vrilles sur le grand chêne! Mais quel bonheur! Il me voit, se méfie et puis jette un cri comme pour se rassurer.
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      Mais non, ce n'est pas moi qui l'inquiète, c'est un autre bruissement agité dans les fourrés. L'écureuil est tétanisé, son nez remue, il cherche à reconnaître une odeur puisqu'on ne voit rien.
      Par contre, moi je vois de bien belles truites grassouillettes qui ondulent, je lance le fil... que dalle!
Je suis assise sur une mince passerelle, jambes dans le vide et je ne fais plus le moindre mouvement.
La bestiole qui s'agite dans le buisson semble se rapprocher. Je ne peux avoir les yeux sur tout!
Partout c'est beau, c'est coloré, c'est vivant et admirable. Je m'incline devant tant de merveilles et... mais... j'ai de la visite!
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Quelle jolie figure!
      C'est quoi ce petit morceau d'animal là?
Elle est à l'autre bout de la passerelle, figée dans l'herbe, surprise d'être face à moi, elle me fixe de ses petits yeux noirs et ronds comme des yeux en plastique de nounours.
Même pas peur, la belette!
      Si je n'avais pas le défaut d'avoir une grande gueule, j'aurais pu profiter de ce moment béni plus longtemps.
Non, fallait que je prenne une de ces voix débiles, cette voix de crécelle qu'on affûte pour gâtiser devant un bébé:
"Mais que t'es joliiiie, que t'es miiiignonne!"
Et zip! La belette se tamponne des compliments, elle fuit. Gagné Maryse! Quelle imbécile je fais.
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      L'heure tourne, j'ai des fleurs de courgette à farcir et... je suis bredouille de chez bredouille!
Et pourtant, je suis si riche.
Riche de ce spectacle gratuit offert par des funambules de haut vol, des acrobates de génie, des porteurs de plumes bleues et jaunes, riche de ce petit minois de belette si proche et si inaccessible.
      En remballant mes affaires, je me demandais pourquoi tous ces petits animaux étaient si pressés. Avez-vous remarqué qu'ils font tout très vite même s'il n'y a aucun danger? Bondir, grimper, manger, voler... c'est à 100 à l'heure. Quel dommage!
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      Bredouille je reste, mais je m'en vais en sifflotant, la tête pleine de belles images et je sais que j'en rêverais encore la nuit.
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Sur cette pause bucolique,
je vous souhaite un excellent week-end !

22.06.2009

Lamentable!

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Et regardez ce qu'il y a par terre!
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      Prix d'achat GMS au producteur: 50 centimes le kg. Les abricots pourrissent par terre, enfin... sauf ceux que je sauve!
Comment un paysan peut-il payer la main d'oeuvre, le calibrage, le conditionnement et l'expédition à ce prix là?
Il lui reste la cueillette familliale et la vente sur le marché local; c'est ainsi qu'on trouve des fruits pas chers, excellents mais d'un petit calibre.
Vrai qu'ils ne sont pas gros, mais ils sont très parfumés et ça me convient parfaitement.
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      Je tiens à remercier tous les intervenants sur la note "SOS MIMIOUZ".
Cela me fait doublement plaisir car non seulement les propositions sont excellentes mais elles démontrent les belles ressources de chacun.
Dans la conjoncture actuelle, ces ressources sont de vraies armes, inoffensives et pourtant sacrément utiles à la défense!
MERCI à tous et à toutes, bonne semaine!

20.06.2009

Ça se mange?

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C'est ma nouvelle copine!
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      Jaune et verte, 170 cm, yeux magifiques et langue noire, elle squatte mon jardinet!
Me manquait qu'une couleuvre, déjà que j'en avale souvent...
      Mes chattes s'en approchent sans peur, et le serpent siffle ou plus exactement crache aussi fort qu'une soupape de cocotte-minute!
C'est elle qui a le plus peur.
Elle vient simplement boire dans l'eau du papyrus. Les voisines hurlent comme des idiotes, y a vraiment pas de quoi.
Si ces dames n'avaient pas dérangé MA couleuvre avec leurs cris, je l'aurais emmenée à la rivière toute proche pour qu'elle soit tranquille.
      Y aura bien un abruti pour la tuer. Mais avant, elle aura sa chance: Je prépare un "piège": Un grand seau avec son couvercle, je le coucherais et je mettrais deux oeufs dedans, elle ira becter, je l'enferme et je la mène à la rivière.
C'est-y pas mieux? Elle est trop belle.

08.06.2009

Ma Chapelle

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      Je suis tombée amoureuse... d’une chapelle !

Moi l’athée, bah oui...

Lors de mes balades, elle sert de repère à mes zigzags ; du plus loin qui soit, je la vois, elle me donne la bonne direction, c’est ma boussole immuable.

Je l’aime.

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Je l’aime comme si elle était humaine ou animale. Si mes souvenirs de latiniste sont encore exacts, animalis  ne veut-il pas dire « habité d’une âme » ?

        D’une ruine qu’elle était (les arbres poussant à l’intérieur avaient éjecté murs et toiture), une association locale lui a redonné vie et joie de vivre. On y chante du gospel, on y expose des œuvres et la nuit, elle illumine la nature telle un phare en pleine mer d’arbres fruitiers.

Sur son pourtour, la chapelle Saint-André de Sévanes est embrassée d’abricotiers. En mars, c’était une féérie de fleurs roses comme une couronne à sa modeste majesté. C’est sans doute cette modestie qui me plait, accompagnée d’une très grande classe, une classe romane, symbole de pureté, de finesse et de simplicité.

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Pour ceindre les abricotiers, une oliveraie est plantée là comme un champ d’honneur, une noble ponctuation, une kyrielle de bijoux verts, une enfilade de feuilles argentées. Les peintres du dimanche s’y régalent dans un silence absolu, presque solennel, à peine troué par quelques cris de huppes ou de canards sauvages.

Comment cette petite chapelle est-elle arrivée ici ? Pourquoi des bâtisseurs ont-ils choisi ce lieu sans habitation... et surtout sans pierre ? Combien de kilomètres ont-ils fait pour charrier les caillasses ?

J’ai lu son histoire et elle s’avère assez banale ; ce qui compte, c’est cette présence souveraine qui guide mes pas.

Lorsque je suis perdue (zéro sens de l’orientation !), la vue de la chapelle déclenche un sourire immédiat : « ça y est, je ne sais plus où je suis, mais je sais où je vais »

Alors je remercie des hommes courageux d’avoir construit MA chapelle au milieu de nulle part.

13.04.2008

Histoire d'eau...

Pour faire suite à l'enquête sur l'eau, je vais vous raconter une petite histoire.

Hélas, c'est une histoire vraie qui a bien failli me coûter la vie.

   Activité trépidante à Montpellier, agressions, cambriolages, incendie de ma voiture, vacarme... tant pis pour les kilomètres, je fuis vers le "Nord": les Cévennes, le calme, les brebis, les pommes et les oignons! Zone désertée depuis la fin de l'élevage du ver à soie, il est facile d'y trouver un logement. Pas le temps de paufiner la recherche, la première ferme sera la bonne.

   Une jolie maisonnette prévue pour être un gîte, fraîchement rénovée, espace, confort, grande cheminée: je prends. Le propriétaire, agriculteur-éleveur, m'a tout de suite rappelé un sketch de Fernand Raynaud (les plus anciens se souviendront) "Chuis qu'un pauv' paysan!". Je devais faire répéter chaque phrase, les mots étaient mâchés, avalés, je ne comprenais rien. Bref, on y arrive quand même, nous signons le bail. Le compteur électrique est indépendant, mais pour l'eau de la ville c'est différent: Cette adduction récente a coûté la peau des fesses, pas question de refaire des frais de compteur, le propriétaire me propose un forfait de 6€/mois avec lequel il dérive son eau vers mon robinet. Bien.

   Deux mois après mon installation, je suis très fatiguée, je maigris et je mets ces malaises sur le compte du déménagement. N'allant consulter un médecin qu'à l'article de la mort, la vie continue. Puis un soir, ma poitrine se serre jusqu'à l'étouffement, mes ongles deviennent bleus, là, quand même, j'appelle le Samu. Pin-Pon, Pin-Pon et me voilà en salle de soins intensifs, avec des capteurs collés partout sur mon petit corps malade; au-dessus de moi, la tête du cardiologue me ferait pleurer! Sur un bras, on me plante une perfusion, sur l'autre on pompe mon sang impur et même mes jambes sont suspectées, piquées, ficelées...

   Le verdict tombe sec: Péricardite virale aigüe. Moi y en a pas savoir quoi t'est-ce! Je réclame la tradution dans le texte: Inflammation (poche de pus) de l'enveloppe du coeur, le péricarde. Yes. Et alors docteur, ça se soigne où faut emputer? Non, ça se soigne SOUVENT, mais on en guérit jamais, les récidives sont fréquentes. Puis, dès l'amélioration de mon état, je passe à la question: Où avez-vous attrapé cette vacherie? Et comment je sais, moi?

   Le cardiologue -élégant bipède stressé par un divorce, une ex-femme vénale et l'arrêt du tabac- écrase son chewingum, fait péter une bulle et parle: "Vous êtes contaminée par un virus dont il faut trouver l'origine car la vie d'autres personnes est en danger. Nous devons procéder à une déclaration à la DDASS qui pratiquera des prélèvements à votre domicile". Ok, pas de souci.

   Ces messieurs les préleveurs d'échantillons attendent ma sortie d'hôpital pour venir pomper de l'eau à tous mes robinets, ils inspectent aussi mon frigo, grattent les murs par endroits pour emporter de la peinture, arrachent 4 poils à mon chat (qui déteste les étrangers et envoie les griffes) et à ma chienne qui ne comprend pas ce genre de gratouille et puis s'en vont.

   Appel de la DDASS 8 jours après: "Votre eau est gravement contaminée, nous arrivons tel jour, telle heure, votre propriétaire est convoqué".... Si la tête du cardiologue faisait peur à voir au-dessus de ma carcasse dolente, la mine du proprio était à mourir de rire! Tendue est un mot faible! Crispée, livide, mâchoires serrées comme un étau, le voilà muet, le souffle court... et moi, chancelante, qui ne comprends toujours rien à cette histoire.

   L'aveu du paysan a été franc et direct, je le traduis en langage compréhensible: "Les temps sont durs, nous les paysans on calcule au centime près... en fait... j'ai dérivé l'eau d'un puisard chez Maryse.... mais mon grand-père la buvait, cette eau...." Voilà, voilà... Pour me voler 6€ par mois, cette ignoble crapule m'abreuvait avec l'eau d'un vieux puits et non avec l'eau communale.

   Dans cette eau, les chimistes ont trouvé: Des déjections d'animaux sauvages (renards, sangliers, rongeurs...), de chevaux (non vaccinés), de moutons (vaccinés), de volailles et de lapins, de l'huile moteur (on va quand même pas payer un garagiste pour vidanger les tracteurs alors que la terre filtre tout, n'est-ce pas?) et d'autres miasmes qui vous font pâlir rien qu'à l'énnoncé, même si vous ne comprenez pas de quoi il retourne! Le responsable de la DDASS a expliqué au propriétaire que depuis la génération du pépé qui buvait cette eau, les choses ont bien changé: de nouvelles maladies sont survenues, les renards sont des vecteurs mutants, les chevaux sont nourris avec des aliments difficilement contrôlables, les pluies étaient abondantes, etc...etc...

   Alors on fait quoi? J'avais entre les mains un constat sanitaire qui valait son pesant de caouètes. Mais ma priorité était de guérir et ça évoluait doucement, peu d'énergie, le cerveau embrumé par les médocs. Achat des bouteilles d'eau prioritaire et même pour me laver les dents, j'utilisais Vittel. Faire un procès? Faut voir... Partir? C'est sur. Et puis je voyais les 4 gosses de mon propriétaire, je le voyais se lever très tôt pour aller vendre sur les marchés... J'ai choisi de négocier: Je n'ai pas payé de loyers pendant 3 mois, le temps que je quitte ce lieu et le paysan a fait les frais de mon nouveau déménagement.

   Moralité? Il FAUT, en rase campagne, exiger un compteur individuel d'adduction d'eau POTABLE, aller farfouiller dans les caves et sous-sols afin de voir la tuyauterie et suivre son chemin. J'ai fait confiance et j'ai eu tort. C'est vrai que la location d'un compteur d'eau, ses services, son assainissement et sa consommation coûtent cher. Mais je peux jurer ici que c'est préférable à un empoisonnement qui vous fait frôler la mort, perdre 12kgs, être en arrêt maladie plus de 3 mois avec les conséquences que cela implique financièrement.