13.04.2008
Histoire d'eau...
Pour faire suite à l'enquête sur l'eau, je vais vous raconter une petite histoire.
Hélas, c'est une histoire vraie qui a bien failli me coûter la vie.
Activité trépidante à Montpellier, agressions, cambriolages, incendie de ma voiture, vacarme... tant pis pour les kilomètres, je fuis vers le "Nord": les Cévennes, le calme, les brebis, les pommes et les oignons! Zone désertée depuis la fin de l'élevage du ver à soie, il est facile d'y trouver un logement. Pas le temps de paufiner la recherche, la première ferme sera la bonne.
Une jolie maisonnette prévue pour être un gîte, fraîchement rénovée, espace, confort, grande cheminée: je prends. Le propriétaire, agriculteur-éleveur, m'a tout de suite rappelé un sketch de Fernand Raynaud (les plus anciens se souviendront) "Chuis qu'un pauv' paysan!". Je devais faire répéter chaque phrase, les mots étaient mâchés, avalés, je ne comprenais rien. Bref, on y arrive quand même, nous signons le bail. Le compteur électrique est indépendant, mais pour l'eau de la ville c'est différent: Cette adduction récente a coûté la peau des fesses, pas question de refaire des frais de compteur, le propriétaire me propose un forfait de 6€/mois avec lequel il dérive son eau vers mon robinet. Bien.
Deux mois après mon installation, je suis très fatiguée, je maigris et je mets ces malaises sur le compte du déménagement. N'allant consulter un médecin qu'à l'article de la mort, la vie continue. Puis un soir, ma poitrine se serre jusqu'à l'étouffement, mes ongles deviennent bleus, là, quand même, j'appelle le Samu. Pin-Pon, Pin-Pon et me voilà en salle de soins intensifs, avec des capteurs collés partout sur mon petit corps malade; au-dessus de moi, la tête du cardiologue me ferait pleurer! Sur un bras, on me plante une perfusion, sur l'autre on pompe mon sang impur et même mes jambes sont suspectées, piquées, ficelées...
Le verdict tombe sec: Péricardite virale aigüe. Moi y en a pas savoir quoi t'est-ce! Je réclame la tradution dans le texte: Inflammation (poche de pus) de l'enveloppe du coeur, le péricarde. Yes. Et alors docteur, ça se soigne où faut emputer? Non, ça se soigne SOUVENT, mais on en guérit jamais, les récidives sont fréquentes. Puis, dès l'amélioration de mon état, je passe à la question: Où avez-vous attrapé cette vacherie? Et comment je sais, moi?
Le cardiologue -élégant bipède stressé par un divorce, une ex-femme vénale et l'arrêt du tabac- écrase son chewingum, fait péter une bulle et parle: "Vous êtes contaminée par un virus dont il faut trouver l'origine car la vie d'autres personnes est en danger. Nous devons procéder à une déclaration à la DDASS qui pratiquera des prélèvements à votre domicile". Ok, pas de souci.
Ces messieurs les préleveurs d'échantillons attendent ma sortie d'hôpital pour venir pomper de l'eau à tous mes robinets, ils inspectent aussi mon frigo, grattent les murs par endroits pour emporter de la peinture, arrachent 4 poils à mon chat (qui déteste les étrangers et envoie les griffes) et à ma chienne qui ne comprend pas ce genre de gratouille et puis s'en vont.
Appel de la DDASS 8 jours après: "Votre eau est gravement contaminée, nous arrivons tel jour, telle heure, votre propriétaire est convoqué".... Si la tête du cardiologue faisait peur à voir au-dessus de ma carcasse dolente, la mine du proprio était à mourir de rire! Tendue est un mot faible! Crispée, livide, mâchoires serrées comme un étau, le voilà muet, le souffle court... et moi, chancelante, qui ne comprends toujours rien à cette histoire.
L'aveu du paysan a été franc et direct, je le traduis en langage compréhensible: "Les temps sont durs, nous les paysans on calcule au centime près... en fait... j'ai dérivé l'eau d'un puisard chez Maryse.... mais mon grand-père la buvait, cette eau...." Voilà, voilà... Pour me voler 6€ par mois, cette ignoble crapule m'abreuvait avec l'eau d'un vieux puits et non avec l'eau communale.
Dans cette eau, les chimistes ont trouvé: Des déjections d'animaux sauvages (renards, sangliers, rongeurs...), de chevaux (non vaccinés), de moutons (vaccinés), de volailles et de lapins, de l'huile moteur (on va quand même pas payer un garagiste pour vidanger les tracteurs alors que la terre filtre tout, n'est-ce pas?) et d'autres miasmes qui vous font pâlir rien qu'à l'énnoncé, même si vous ne comprenez pas de quoi il retourne! Le responsable de la DDASS a expliqué au propriétaire que depuis la génération du pépé qui buvait cette eau, les choses ont bien changé: de nouvelles maladies sont survenues, les renards sont des vecteurs mutants, les chevaux sont nourris avec des aliments difficilement contrôlables, les pluies étaient abondantes, etc...etc...
Alors on fait quoi? J'avais entre les mains un constat sanitaire qui valait son pesant de caouètes. Mais ma priorité était de guérir et ça évoluait doucement, peu d'énergie, le cerveau embrumé par les médocs. Achat des bouteilles d'eau prioritaire et même pour me laver les dents, j'utilisais Vittel. Faire un procès? Faut voir... Partir? C'est sur. Et puis je voyais les 4 gosses de mon propriétaire, je le voyais se lever très tôt pour aller vendre sur les marchés... J'ai choisi de négocier: Je n'ai pas payé de loyers pendant 3 mois, le temps que je quitte ce lieu et le paysan a fait les frais de mon nouveau déménagement.
Moralité? Il FAUT, en rase campagne, exiger un compteur individuel d'adduction d'eau POTABLE, aller farfouiller dans les caves et sous-sols afin de voir la tuyauterie et suivre son chemin. J'ai fait confiance et j'ai eu tort. C'est vrai que la location d'un compteur d'eau, ses services, son assainissement et sa consommation coûtent cher. Mais je peux jurer ici que c'est préférable à un empoisonnement qui vous fait frôler la mort, perdre 12kgs, être en arrêt maladie plus de 3 mois avec les conséquences que cela implique financièrement.
07:29 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
29.03.2008
Stand By
Bonjour à toutes et à tous!
En cette période, mes activités "hors Internet" prennent le dessus. Il me sera difficile d'alimenter les rubriques quotidiennement. Il y a quand même 180 recettes enregistrées sur ce blog, alors je vous laisse fouiller!
Bientôt, nous verrons arriver les fruits et légumes de saison et les mille et une façons de les préparer. Les repas s'en trouveront allégés, colorés, rafraîchis. Le meilleur est devant nous et puis tout est plus facile quand le soleil éclaire et réchauffe nos vies.
Merci de votre fidélité à tous et à très bientôt!
04:29 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
15.01.2008
Pas de recette!
Je les aime, oui, mais vivants! Vous ne trouverez donc jamais ici de recettes de canard, de lapin ou d'agneau, et puis ça tombe bien: leur viande est hyper chère! Je les vois venir au monde, j'entends leurs "coin-coin" et leurs "bêêê", ils sont bien, là, dans l'eau ou dans l'herbe, oui, je les aime de tout mon coeur.
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Mais ceux-là, je ne les aime pas du tout:En fait, je ne mange aucun animal, mais j'en cuisine pour les autres. Je ne pense pas que l'on doive imposer ses convictions. Chacun sa sensibilité.
14:54 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note




